Interview d'Ariane Grumbach, diététicienne : "le sommeil est un socle fondamental"

Ariane Grumbach, diététicienne gourmande parisienne, est l'auteur du blog L'art de manger. Elle a répondu à nos questions concernant le sommeil et l'alimentation. Merci Ariane !


Lumie : Est-ce que le sommeil est un sujet fréquemment abordé lors d'une consultation chez une diététicienne ?
Ariane : « Oui ! Je parle quasiment toujours de sommeil avec mes patients et souvent dès le premier rendez-vous. Quand on s'occupe d'alimentation, on parle de l'état de forme général de la personne. Je passe mon temps à expliquer que si on ne dort pas assez on complique tout le reste : on va manger plus, être moins résistant au stress, avoir plus de problèmes relationnels... »


Lumie : Est-ce que les patients en prennent facilement conscience ?
Ariane : « En général, ils ont eu l’expérience de bien dormir et ils voient facilement la différence. Mais changer concrètement est plus complexe. Physiologiquement et psychologiquement, le sommeil est un socle fondamental, j'insiste beaucoup là-dessus. Je répète souvent qu'il vaut mieux faire moins de choses et bien, mais malheureusement tout le monde ne veut pas entendre cela... C'est très difficile aujourd’hui de dire que deux heures de sommeil supplémentaires sont plus importantes que deux heures devant la télé ou l’ordinateur ! ».

Lumie : Rencontrez-vous également en consultation des personnes qui présentent des signes de dépression saisonnière caractérisés par des excès alimentaires, par exemple ?
Ariane : « Bien sûr ! Nous sommes nombreux à avoir moins envie de nous lever l'hiver quand il fait encore nuit et que nous savons qu'il va faire froid et pleuvoir toute la journée, mais ce sentiment est vraiment très fort chez certaines personnes. Elles l'expriment sur le plan du moral, ou sur leur façon de manger en disant par exemple « en hiver j'ai envie de me réconforter, de manger des plats plus riches ou en plus grande quantité ». Je leur réponds que ce n'est pas utile de manger davantage quand on vit et travaille dans des lieux bien chauffés. »

Lumie : Que proposez-vous à ces personnes ?
Ariane : « Je travaille avec mes patients sur la reconnaissance et l'écoute des émotions. Quand on ressent que quelque chose ne va pas, il faut essayer de comprendre pourquoi. Et on peut par exemple examiner si c’est différent en hiver et en été. Depuis quelques années, je leur parle de luminothérapie, j'ai proposé à plusieurs personnes d'y avoir recours, mais il n'est pas évident de leur faire comprendre qu'elles ont « simplement » un problème avec les saisons ! »